Chez Candide

15 octobre 2019

Off ?

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Photo moi, par là...                  Copyright etouhétou, hein, faut pas déconner !

 

 

Ce matin après quelques courses au Chef-lieu, j'ai le temps : personne ne m'attend et il fait beau. Alors, comme de temps en temps pour apprendre à découvrir ce coin du Haut-Doubs que j'ai adopté, et après avoir demandé à la GPS (comment lecteur/trice, tu connais pas la Gourde qui Parle Seule ?) de me ramener vers mon Chémoi, je prends la direction exactement inverse, et là où elle veut me faire prendre le fond de vallée vers l'amont, je pars vers l'aval en cherchant les rues puis les routes qui mènent sur la crête. Je roule tranquillement, j'explore, et à chercher à contredire la technologie, je me retrouve sur une routelette bringuebalante à peine plus large que la voiture et dont le revêtement qui disparaît sous de multiples raccords s'attaque résolument à la pente malgré la limitation de vitesse à trente kilomètres-heure. Il fait un beau temps doux comme souvent en montagne à cette période. La lumière est douce et chaude et je suis en chemise dans la voiture dont les vitres sont ouvertes. La route atteint la crête qu'elle suit, bien grand mot pour ce moutonnement rectiligne qui sépare deux douces vallées, guidée de loin en loin par quelques arbres poussés en bordure de prés. Sur le nouveau versant je découvre de dessus et jusqu'à fort loin le pré-bois typique de la région, des bois entrecoupés de prés immenses, à moins que ça ne soit le contraire. Il y a une densité d'air particulière où dans le même temps j'ai la sensation de sa présence mais aussi l'impression d'une cristallinité particulière.

Le paysage, l'air, la lumière, le temps qui passe, tout est d'une immense douceur...

Je suis bien...

Seul, mais bien...

Se fondre dans le paysage. Se laisser porter par l'air, y faire la planche... S'y dissoudre...

Appuyer sur "Off" ?...

 

https://www.youtube.com/watch?v=IfngXJMyoS4&list=RDDZMZxoEtVl0&index=20

 

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13 octobre 2019

Je suis là...

10/08/19

Voilà. Je suis là...

Ce soir je suis là, seul au milieu de mes terreurs d'abandon. Loin de chez moi, mais de toutes façons, où est mon chez moi ? Voilà bientôt trois mois que je suis arrivé ici pour me rapprocher de mes enfants qui vivent leurs vies respectives et n'ont pas plus besoin de moi que n'importe quel enfant qui voient leur père de temps à autre. En trois mois d'installation en fin de saison des associations, je n'ai eu d'autres contacts que ceux induits par une vie sociale de voisinage, et dans ce voisinage je n'ai pas perçu d'ouverture à la relation.

Seul ce soir dans cet appartement malpratique et sans âme où je me sens tellement peu chez moi que je ne me suis pas installé et n'ai déballé que le minimum nécessaire.

Seul ce soir, rongé par mes terreurs d'abandon sans personne à appeler. J'ai regardé mes contacts et n'ai trouvé personne qui soit susceptible de m'entendre pleurer. Et je sens bien que si je lâche les vannes, je vais me répandre comme un veau. Comment comprendraient-ils, tous ces gens qui bien sûr me savent sensibles mais me connaissent optimiste et gouailleur, toujours prêt à accueillir, écouter et épauler ceux qui flanchent. n'imaginent pas le gouffre insondable qui me ronge."Tu es apaisant" m'a-t-on dit à plusieurs reprises... S'ils savaient la tempête, dedans !... Et puis appeler serait encore abdiquer mon autonomie, admettre l'échec.

J'ai mal à la gorge tant elle est serrée, j'ai mal à ma peau, depuis si longtemps orpheline...

 

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Le chemin

16/10/18 à 4h45

Construit incompétent et insatisfaisant, recroquevillé, j'ai eu longtemps pour moi le plus profond des mépris. A dix-sept ans mes parents ont disparu, j'ai erré et j'ai eu faim. J'ai été méchant, violent. Je me suis fait horreur, je m'en suis voulu. Et puis j'ai cherché, lu, appris, travaillé sur moi. J'ai cherché à comprendre, rencontré des gens et des écrits de lumière, et une à une j'ai gravi les marches...

Petit à petit je me suis ouvert, j'ai appris à lever la tête, saluer le soleil et le petit vent, la pluie et le jour qui se lève, les rencontres...

Avec surprise puis bonheur, j'ai appris à donner mon sourire à qui n'en avait pas, à déclencher la réaction en chaîne du bonheur. J'ai échangé, puis écouté, appris à poser les questions qui révèlent. Mais toujours j'avais froid. Pour apprendre qui j'étais, croire en moi, par écrit j'ai noté toutes ces belles choses qu'on me disait et qui me réchauffaient le cœur : "Merci", "T'es un gentil", t'es un lutin", "ça fait du bien de parler avec toi", "tu es apaisant (dire ça à une cocotte-minute ! )"... et puis, "tes mains sont immenses" (NDLR: pas exactement...), "on ne m'avait jamais touchée comme ça", "continue dans cette voie, tu as des mains qui donnent !", et de bien-être on a pleuré sous mes mains. Et puis : "Ne doute jamais de ta grandeur et de ta lumière... !" : effarement de ma part ! Et je relis tous ces beaux mots pour, incrédule, apprendre à y croire. Alors qu'au fond c'est simple, il me suffit de visiter mes manques et mes peurs pour savoir quoi donner : une écoute pour l'enfant qui a peur, des bras où abriter mon cœur et des mains pour panser ma peau déchirée.

Mais petit à petit, au fond des tripes tout doucement une sensation me ronge : avec ma bonne humeur et mes mains qui donnent on me croit paisible et serein, stable, posé. Fort, peut-être. J'ai l'amère impression d'être une balise ou un phare sur lequel s'appuie le navire qui cherche sa route et qui la /le laisse derrière lui après l'avoir trouvée au milieu de l'insondable nulle part en tempête. Combien de fois ai-je eu l'impression d'être un révélateur sur le bord d'un chemin !

Alors quand avec une véritable sincérité on me dit que le bonheur viendra car je le mérite, j'ai une folle envie d'y croire. Vraiment !

Mais l'univers n'a aucune obligation d'équité !

Et j'ai froid, et j'ai mal à ma peau orpheline. Et la peur me ronge...

 

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11 octobre 2019

L'essence du Tao

Osciller est l'essence du Zen, du Tao: de nord à sud, de chaud à froid, de masculin à féminin, de lumière à ténèbres, inlassablement l'univers oscille...

De gauche à droite... D'un mur à l'autre... Faut dire que le rhum m'y aide bien ! Ce soir je suis seul. Je n'existe pour personne. "Attends, maman fait les comptes"... Seul... Attendre...

Je venais juste d'avoir dix-sept ans quand elle est morte. Je suis resté l'enfant de ce jour-là, attendant éperduement un peu de considération, de présence, juste exister. Est-ce que j'existe ?

Lycéen à l'époque, les copains de classe m'avaient trouvé très courageux: j'avais juste mis un couvercle sur la cocotte qui m'aura accompagné tout au long de la vie. Seul.

Avec l'aide, il est vrai de quelques copains, de la mère de l'un d'eux et de notre prof de philo,je suis resté debout. Fier alors de n'avoir pas sombré dans la drogue ou l'alcool ! A quoi bon ? Longtemps, oh oui, bien longtemps après, fatigué de lutter, je pratique le Tao. Et j'oscille...

Aujourd'hui et depuis quelques années j'ai appris que j'ai une valeur, que je suis une belle personne dont l'écoute est reconnue, que mes massages font du bien, peuvent mener aux larmes ceux qu'avec un infini respect j'emmène à leur découverte... Comment je fais ? C'est une secret. Que je vais partager avec toi, lecteur, et c'est d'une infinie simplicité : je donne ce que je n'ai jamais reçu !

Mais à quoi bon ?...

Alors ce soir, fatigué de lutter, je pratique le Tao. Et j'oscille... Les murs sont mes amis...

Et j'emmerde jusqu'au trognon tous les bien pensants donneurs de leçons qui ne savent pas ce que c'est que d'être mort, dedans...

Osciller est l'essence du Zen, du Tao: de nord à sud, de chaud à froid, de masculn à féminin, de lumière à ténèbres, inlassablement l'univers oscille...

 

Foo fighters, "The pretender":

https://www.youtube.com/watch?v=SBjQ9tuuTJQ

 

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09 octobre 2019

Etre une méduse

Etre une méduse...

Fatigué... Si fatigué !...

Depuis des années que je lutte et trébuche pour tenter de tenir debout, arc-bouté sur des fondations absentes pour ne pas sombrer, "tomber sept fois, se relever huit...", les yeux lourds, si fatigué...

Je me sens comme une méduse flasquement échouée sur la plage: gélatineux, inerte, incapable...

Et comme la méduse j'attends la mer. Pour qu'elle me prenne et m'emporte, pour m'y fondre et m'y diluer. Ne plus rien sentir, s'évaporer...

Si fragile, si fatigué...

 

A Daisy in december, Winifred Horan (à mon goût le plus beau violon irlandais):

https://www.youtube.com/watch?v=PWnu9OXpMDg#t=152.699416

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