Chez Candide

30 mars 2020

Dobbin's flowery vale

C'est joué par Altan qui est un des meilleurs groupes irlandais depuis 1987.

L'original, c'est ça :

 

 

Sur la seconde partie j'ai superposé mon whistle en Si bémol à l'octave (Amédée était parti prendre l'air). J'ai rajouté de la réverb' dessus mais va retrouver l'ambiance d'église de l'original dans ton salon ! J'ai l'impression qu'il y a comme des battements entre ma réverb' et l'originale, mais j'ai pas su l'éliminer : c'est un métier !

 

Dobbin_s_flowery_vale2

 

Bizzz !

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29 mars 2020

Zikàmoi

                            Mixette gros plan

Depuis bien longtemps les tensions nées de l'anxiété m'avaient fait perdre ma voix et je ne pouvais chanter que des chansons de marins avinés quand il sortait quelque chose de mon gosier étranglé. L'apaisement obtenu avec le travail effectué ces derniers temps paye et ça va un peu mieux, oufff !

Alors je suis "entré en studio" et j'ai commis ça. J'te dis pas le nombre de prises pour tout passer sans trop d'erreurs. La gratte est pas parfaite, la voix encore erratique et l'enregistrement moyen-moyen.

L'avantage, c'est que maintenant je sais sur quoi travailler !

Bizzz !

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                                 14-08_Mont Chateleu_recad

 

 

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28 mars 2020

Effarement !

Lecteur/teuse,
Je ne me mêle jamais de politique à laquelle je ne comprends rien, ou alors pour râler comme un pou après les incapables qui nous gouvernent. Je tenais cependant à mettre en évidence cet article de Reporterre qui expose des faits aujourd'hui révoltants.

https://reporterre.net/En-2018-on-pouvait-fabriquer-200-millions-de-masques-par-an-en-France

Notons que, je cite : "En 2018, les sections CGT et CFDT de l’usine de Plaintel s’étaient même adressées à Emmanuel Macron et au ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. En vain."

Ca laisse pantois !

Et Môssieur Macron serait innocent des conséquences de la pandémie en France ?

 

 

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27 mars 2020

Sait-on jamais ce qu'on sème ?

                   Uher 4400 IC-redim

C'est une bien curieuse aventure qui m'arrive. Et pour te conter ça, lectrice/teur, ça risque d'être long car nous allons devoir revenir près de quarante ans en arrière !
Après les z'hippies et le Flower power, c'était l'époque du renouveau du trad en France, progressivement remis à jour et dépoussiéré par des groupes tels que La Bamboche, Mélusine et La Bamboche et plein d'autres moins connus et dont les noms m'échappent.
Avec ma belle et des copains on allait dans les concerts s'en mettre plein les oreilles et je connaissais toutes les chansons par coeur. Dans le même temps, avec un magnétophone portable et une paire de micros je m'essayais à la prise de sons, enregistrant tout ce qui passait à ma portée, dont bien évidemment de multiples groupes trad'. C'est ainsi qu' à deux reprises, j'avais obtenu l'accord de La Bamboche, en 1978 et 1981. J'ai écouté ces enregistrements à de nombreuses reprises, l'ambiance qu'on n'appelait pas encore "live" à l'époque étant nettement plus dynamique que les enregistrements en studio. Et puis le travail, les enfants, le temps... Le magnéto fatigué et ses bobines furent rangés et (presque) oubliés. Et puis ils sont réapparus lors de mes deux déménagements de ces trois dernières années. Soigneusement emballés et rangés. Malheureusement, le magnéto ne fonctionne plus, et renseignements pris, le coût de remise en état d'une machine comportant beaucoup de mécanique me fait reculer. D'autant que bien des enregistrements ne m'intéressent plus et, dans le grand mouvement d'allègement de ma vie entamé dernièrement, je commençais à penser me séparer de tout ce matériel. Mais aussi, j'aurais quand même bien aimé réécouter ça une fois, d'autant que l'ambiance des concerts est quand même plus enthousiaste que celle des studios...
Pour la suite, faudra patienter un peu: elle dépend d'une réponse que j'attends. Mais pour ça et pour vous remettre dans le bain, ou pour les moins de vingt ans qui ne peuvent pas connaître, voici un lien pour vous remettre dans l'ambiance.

 

 

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18 mars 2020

Quand on veut, on peut !

Dans son billet "Oui, mais..." du 9 mars

https://celestinetroussecotte.blogspot.com/2020/03/oui-mais.html#comment-form

notre amie Célestine évoquait le proverbe "Quand on veut, on peut", précisant "qu'il  pourra paraître maladroit, vieillot, exagéré ou un peu magique".

J'ai eu dernièrement l'illustration de l'effet désastreux de ce genre d'assertion. Un lointain voisin âgé à la santé précaire vient de sortir d'une maladie qui l'a secoué comme ça peut arriver quand l'âge s'en mêle et peine à se remettre, passant beaucoup de temps dans son fauteuil alors qu"auparavant il était "normalement" actif. Et il voudrait bien pouvoir !Un proche, paquet de nerfs de 80 ans qui ne se rend absolument pas compte de la dimension réellement exceptionnelle de sa propre santé a décrété: "C'est parce qu'y veut pas ! Quand on veut, on peut !".Ca n'a guère aidé le premier, sauf peut-être à se sentir un peu plus coupable, simplement de vieillir. J'aimerais bien savoir comment réagira le second quand il ne pourra plus. On sait déjà que quand par extraordinaire il est malade, il est infect...

Autre exemple, personnel : j'avais pour projet de passer toute ma vie en altitude, genre Haute Route des Ecrins ou Grande Traversée des Alpes. Névrômes de Morton ou métarsiens médians trop longs (la faculté ne sait toujours pas et s'interroge), mais au retour des 600 mètres du Suchet en août, je pleurais de douleur au cul de la voiture à ne pas savoir quoi faire de mes pieds après avoir retiré les chaussures. Pourtant, c'est vrai, j'aurais pu faire un pas de plus !

Deux pas de plus...

Trois pas de plus...

Jusqu'où faut-il aller pour avoir l'assentiment des tenants du "Quand on veut, on peut." ?

Spasmophile, j'ai longtemps été sujet d'une irrépressible fatigue qui m'a valu d'être considéré comme fainéant, y compris par mon épouse, jusqu'à ce qu'elle soit diagnostiquée et traitée (la spasmophilie, hein, pas mon épouse). Mais avant d'en arriver là, j'installe l'assainissement derrière la maison. Un engin à déposé la fosse sceptique dans son trou et je dois faire la tranchée d'évacuation dans laquelle un drain diffusera l'eau résiduelle. Pioche. Je travaille dans le bâtiment, je sais faire. Tu parles: au premier coup elle s'enfonce de cinq centimètres ! Dans de la glaise compacte armée de silex ! Je dois lutter pour la récupérer avec la valeur d'un yaourt collé à la pointe. C'est d'une compacité que je n'ai jamais vu et la pelle ne rentre pas le moins du monde. Quarante mètres à soixante centimètres de profondeur sur vingt de large !

Alors je l'ai faite cette putain de tranchée. Avec autant de larmes que de sueur !

Faut vouloir ! Mais je pouvais...

Quand en 1993, accompagné de deux jeunes de vingt ans je me suis fait une monstre entorse vers 3000 mètres sur le glacier du Monêtier, j'ai organisé le rapatriement du plus expérimenté pour qu'il retrouve et prévienne la famille qui nous attendait sur un autre versant, pris en charge le second pour redescendre par nos propres moyens, ai appris la carte que je lui laissais pour rentrer, ai mis neuf heures à descendre ce qui n'aurait dû n'en prendre que deux et demie pour rallier le point de rendez-vous que j'avais fixé, bivouaqué en forêt après avoir "pêché" de l'eau depuis une passerelle avec ma gourde pendue à un bout de corde, réparé debout sur un pied un problème de carburateur sur la voiture familiale venue me chercher le lendemain, être rentré au gîte pour me doucher de toute la sueur accumulée depuis 48 heures et je passe quelques détails rocambolesques, je suis enfin allé à l'hôpital.

Faut vouloir ! Mais je pouvais...

Roc d'Azur 2008 à Fréjus : début octobre, le plus important rassemblement de VVTistes au monde, des courses pendant quatre jours où vient le gratin des VVTistes mondiaux. Je suis inscrit à la Rando Roc Odyssée : 34 kilomètres et 600m de dénivelé dans la caillasse ou le sable des Maures. En reconnaissance sur un passage difficile la veille, je passe par-dessus le vélo et tombe lourdement sur le dos : bobo ! Déchirure musculaire. J'ai pas payé 35 euros et fait 800 kilomètres avec famille et copains pour baisser les bras. Après une nuit sans sommeil, j'y vais. Les myorelaxants pris pour décontracturer ce dos font leur effet : je n'ai rien, mais vraiment rien dans les jambes ! Et chaque choc, chaque caillou, chaque trou, chaque bosse me fait couiner de douleur. J'ai fini. Je sais que j'ai monté le Bougnon à pied, je ne sais absolument pas comment j'ai descendu le Fournel ! Et je ne me souviens plus de la nuit qui a suivi : j'étais peut-être mort ?

Faut vouloir ! Mais je pouvais...

Alors dans les commentaires du billet de Célestine, j'aime la prudence de "le goût" qui précise: "C'est vrai quand on peut...". Et à la formule de Blutch "Pour pouvoir, il faut le vouloir.", j'ajouterais volontiers "Pour vouloir, il faut le pouvoir".

"Quand on veut, on peut !", c'est de la psychologie péremptoire d'adjudant instructeur de commandos qui signe la suffisance méprisante de ceux qui effectivement peuvent sans même se rendre compte de cette richesse, en insinuant que celui qui effectivement ne peut pas est seul responsable de sa situation puisqu'il ne "veut" pas. C'est une bombe à retardement qui ne peut avoir que des effets néfastes, qui peut préparer le pas suivant, bien évidemment "Marche ou crève".

Pour ma part je rends leur mépris à ceux qui jouent de cette expression.

 

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04 mars 2020

HURT

Saudade...

 

J'aime...

La pensée...

Le jeu de guitare que mes mains ne peuvent reproduire, la voix, son phrasé, la montée dramatique du piano dans le refrain...

 

 

"I hurt myself today
Je me suis fait mal aujourd'hui
To see if I still feel
Pour voir si je ressens toujours
I focus on the pain
Je me concentre sur la douleur
The only thing that's real
La seule chose qui soit vraie
The needle tears a hold
L'aiguille déchire une emprise
The old familiar sting
La vieille piqûre familière
Try to kill it all away
Essayer de tout oublier
But I remember everything
Mais je me rappelle de tout

(Chorus )
(Refrain)
What have I become
Qu'est-ce que je suis devenu?
My sweetest friend
Mon ami le plus doux
Everyone I know goes away
Tous ceux que j'ai connus ont disparu
In the end
Finalement
And you could have it all
Et je vous l'offre de bon cœur
My empire of dirt
Mon empire de saleté
I will let you down
Je vous laisserai tomber
I will make you hurt
Je vous ferai du mal

I wear this crown of thorns
Je porte cette couronne d'épines
Upon my liar's chair
Au dessus de ma chaise de menteur
Full of broken thoughts
Pleine de pensées brisées
I cannot repair
Que je ne peux réparer
Beneath the stains of time
Sous les taches du temps
The feelings disappear
Les sentiments disparaissent
You are someone else
Vous êtes quelqu'un d'autre
I am still right here
Je suis resté ici

(Chorus)
(Refrain)

If I could start again
Si je pouvais recommencer
A million miles away
A un million de miles plus loin
I would keep myself
Je me préserverais
I would find a way
Je trouverais une solution..."

 

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01 mars 2020

Valentin revient

Comme on le voit dans le titre, Valentin revient. Il semble bien que je n'aie pas compris le silence. Et puis surtout, comment résister à l'intervention de Pastellle qui plaide: "Pourquoi nous en priver ?" ?

Voilà donc Valentin revenu :

 

Ben oui, lecteur/trice, quand on est solitaire, le quatorze février à cette remarquable particularité de ses situer entre le treize et le quinze.

Si, si !

Pour le reste, circulez y'a rien à voir !...

Alors histoire de bien remuer la plaie autour du couteau, j'ai exhumé ce texte venu du fond de... allez savoir !...

J'attire l'attention de l'aimable public sur le fait qu'il ne serait certes pas séant de le lire entre la poire et le fromage, ou pire, pendant les cours de la bourse ! Non ! L'idéal pour ce faire serait d'être langoureusement alangui(e) sur un sofa dans une pièce aux rideaux tirés et aux lumières chaudes et tamisées, accompagné(e) au choix d'un verre de bon vin, de champagne léger, ou à la rigueur d'un excellent thé de Ceylan. Et puis lire lentement, au rythme d'une respiration paisible. L'aimable public voudra bien noter cependant qu'il ne s'agit là que d'une fiction, un rêve, et que toute ressemblance...

A ce point je m'esqive et vous laisse aux bons soins de l'auteur qu'a écrit...

 

                             chambre

 

Il faudra du temps bien sûr. Ne pas se précipiter, ce ne serait que préjudice. Alors il faudra du temps, oui. Ce lui de la rencontre, la prochaine, celle dont on ne sait encore quand elle aura lieu.Et alors il faudra, encore, du temps. Celui du premier temps des retrouvailles de nos corps affamés, celui de de la folie des coeurs et des corps qui se retrouvent après trop long temps de frustration, celui de l'urgence et de la précipitation, celui des baisers goulus et fougueux, des mains qui fouillent, éperdues, à la redécouverte du corps aimé mais trop longtemps attendu, des mains qui fouillent au profond, à l'intime, au ruisselant de l'autre, celui de la rage d'aimer de son corps le corps de l'aimée, celui de la folle et rageuse rencontre qui laisse épuisés et pantelants... Celui au bout duquel on s'endort comme une masse, encore unis par nos ventres avides et momentanément repus...

Passera la nuit...
Rassasiés, nous serons légers... Nous pourrons nous redécouvrir doucement, effleurer, caresser... mais aussi aller, parler, rire, chanter, jouer, visiter, découvrir, s'émerveiller, déguster, veiller...

Alors, quand nos sens seront apaisés, viendra le temps de la rencontre... Le temps de ce cadeau encore jamais fait, ce massage d'empathie et de tendresse que je rêve tant de t'offrir...

Nous nous sommes retrouvés dans l'un de ces lieux qui nous font rêver, une petite maison au bord de la mer peut-être. Enfin apaisés après la folie des retrouvailles, nous vivons légèrement, de presque rien, rêvant, devisant ou jouant de la musique, ou même simplement, gravement appliqués à ne rien faire... Une après-midi nous irons nous promener sur la plage le nez au vent, nous tenant par la main, parlant, riant... Et puis doucement, le temps prendra sa place, le rythme s'apaisera, le paysage prendra toute sa place et nous entrerons lentement en accord avec la mer...le vent... la lumière... l'univers... Ténue, une densité particulière de l'instant nous enveloppera, et nous irons, gravement silencieux comme savent faire les enfants...

Pour contempler, nous trouverons un creux propice de la dune où nous nous installerons en silence.
La fin de la journée approchant, le soleil commencera doucement à passer sous les nuages gris pour inventer des couleurs et des ambiances inimaginables. Je serai assis sur la pente de la dune, les jambes écartées. Tu te seras assises un peu plus bas, entre mes jambes qui te protégeront un peu du vent léger, et tu appuieras ton dos contre ma poitrine. Mes bras entoureront les tiens dans un geste enveloppant de douce protection. Doucement poussées par le vent, tes cheveux caresseront ma joue, découvrant par moment tes oreilles délicates. Timidement, je respirerai ton odeur au creux de ton cou, où j'appuierai ma joue. Et mes lèvres...Et nous serons bien, là, à l'abri de nos chaleurs partagées. Et longtemps nous regarderons la mer, les nuages... les nuages, la mer... Le temps n'existera plus... Je sentirai ta respiration soulever tes épaules et ta poitrine, et doucement mon souffle s'y accordera.... Nous respirerons à l'unisson... A l'unisson nous vivrons... Et on sera bien, là... la mer, les nuages... les nuages et la mer... et mon souffle doux dans ton cou... aérienne caresse... Et le temps n'existera plus...Sans vraiment savoir comment, nous serons rentrés à l'abri, nous aurons mangé quelques fruits, bu un peu de vin, fait une toilette légère, choisi un parfum léger et sensuel... Prenant ma main, tu m'attires vers toi, m'embrasses de ta peau ensoleillée, et me regardant gravement, tu déposes sur mes lèvres un souffle de baiser...Complices, nous nous dirigeons vers la chambre. Nous savons pourquoi nous sommes là. Cette journée d'être ensemble nous y a préparé : je vais célébrer ton corps, et ta vie. Je vais te faire l'amour...Alors que tu t'allonges sur le lit, je suis désarmé par le simple naturel avec lesquels tu t'es dévoilée : ça te va bien, te rend belle et m'émeut profondément.Je pose doucement mes mains sur ton dos. Elles sont larges, magnétiques, et tu sens leur douce chaleur diffuser en toi, sous la nuque et sur le sacrum. Nous goûtons cet instant. Malgré l'attente, prendre le temps... Un peu d'une huile tiède et sensuelle sur ton dos, et mes mains entament leur danse de don et d'amour, glissant, empaumant, enveloppant en un rythme doux, elles glissent sur ta peau, rondement, amplement, et ça n'en finit pas de cercles, de courbes et de longs effleurement... Leur rythme est le tien, à chaque inspiration elles ralentissent et t'attendent, à chaque expiration, elles repartent, empaument, allongent ou étirent... Mes bras huilés entrent en jeu, augmentant le contact, et même ma poitrine ! Chaque parcelle de ta peau reçoit leur présence chaude et rassurante, tes pieds, tes chevilles, tes jambes, tes cuisses puissantes, tes fesses charnues, tes bras... Je m'attarde sur tes épaules, toujours un peu tendues, et ta nuque, délicate et fragile, Les gestes sont amples, fermes et tendres à la fois, étirant, malaxant avec attention, étirant le dos, les reins... Et puis ton dos, ton ventre rond, tes flancs si doux... La langueur t'envahit, tu baisses tes armes, t'abandonnes... L'émotion aussi, et les pleurs viennent, à chaudes larmes... Je t'enveloppe de mes bras, te berce doucement, on accueille ensemble la tempête de ton coeur, qui doucement s'apaise...J'offre à ton visage toute la douceur de mes doigts pour l'amener à l'étale, et tes traits déjà adoucis s'apaisent encore, on dirait une enfant...Encore quelques lents et vastes cercles, d'un bout à l'autre de ton corps pour l'unifier, le confirmer dans sa globalité, son entièreté...Tu es sur le dos, jambes repliées, et en point d'orgue je pose doucement, chaudement, une main sur ton sternum derrière lequel bat ton coeur, l'autre, légère, comme une coquille protectrice sur ton sexe, creuset de vie... Et, les yeux fermés, nous respirons ensemble, longuement... longuement...
Tu as remarqué que j'avais évité certains endroits trop sensibles, surtout chez toi mon émotive, afin de ne pas émouvoir trop tôt ta sensualité...

 Mais maintenant...

 

                  

                Au pays de ton corps - Catherine Leforestier

 

 

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25 février 2020

Hugues Aufray

A la demande unanime de julie...

Hors donc samedi soir je suis allé voir et écouter Hugues Aufray à Pontarlier. Mais d'abord et comme vous n'allez pas manquer de me poser la question, qui m'accompagnait ?

Je n'ai pas passé d'annonce. Voulant profiter du concert, je ne voulais pas me retrouver avec une brêle, une bavarde ou une filmeuse comme celle qui n'a guère cessé devant nous avec son smartphone, son image pourrie par les interférences de balayage et qui n'aura qu'un son pourri de smartphone. Et puis aussi parce que j'entends mal. Vraiment. Et plus particulièrement quand il y a du bruit, et que faire répéter systématiquement à quelqu'un qu'on rencontre pour la première fois, c'est pas glop. J'avais bien l'idée d'une autre personne, mais les distances et les hasards de la vie ne l'ont pas permis. Alors j'ai invité mon fils Antoine qui était à la fois géographiquement le plus proche, à l'initiative du cadeau et fan d'Hugues.

Et on a passé une belle soirée ! Il est bien difficile de décrire un concert, que dire quand il s'agit d'abord de son ? D'abord, respectueux du public il commence pile poil à l'heure. A l'heure, pas H+1 minute ! Et en le voyant arriver d'abord seul sur scène, j'ai pensé : "'tain, ce mec a quatre-vingt-dix ans ?!". D'accord, la démarche est un peu raide et il chante la plupart du temps semi-assis sur une chaise de bar, mais quand même !... Et puis c'est bon enfant, avec toute la salle pleine on étaient entre copains... Il nous a proposé un échantillon de ses chansons, depuis "Dés que le printemps revient" en passant par les premières jonquilles, l'absolument incontournable "Santiano" qui à force doit lui sortir par les oreilles, Dylan et ses propres protest songs, jusqu'à de plus récentes comme "L'hôtel du soleil levant"... Le son devait être bon puisque, même placé loin j'ai compris à peu près tout. Que vous dire de plus enfin, si ce n'est qu'il faut y aller. Et quand après deux heures ininterrompues sur scène il nous a quittés, j'ai pensé : "'tain, ce type a quatre-vingt-dix ans !".

De façon plus large et dans le cadre de ces étonnantes convergences qui m'arrivent en ce moment, c'est sans le chercher que j'avais trouvé dix jours plus tôt à la bibliothèque de Morteau ce livre qu'il avait écrit sur demande à 77 ans sur ses "secrets de santé", "La jeunesse n'a pas d'âge". J'y ai appris que ce bonhomme qui semble aujourd'hui indestructible était un enfant chétif, énurétique, gaucher, dyslexique dont la scolarité fut très ordinaire et qui a commencé à prendre confiance quand on l'a mis sur un cheval où il s'est tout-de-suite trouvé à sa place. On y apprend aussi qu'il est simplement attentif, plein de bon sens, qu'il s'est tenu à l'écart des remous du show-bizz et prend soin de tranquillement de sa personne. Je ne sais toujours pas ce qui, quand je l'ai découvert vers onze ans, m'a connecté à ce bonhomme. Mais aujourd'hui, je me sens fier de l'avoir alors adopté comme un lointain grand frère.

Mais ça, lecteuse/teur, tu t'en fous...

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5 Valentin

Bon : comme ceux/celles qui ont eu le temps de le lire ont pu le remarquer, j'ai retiré le billet "5 Valentin".

Aucun commentaire, ça a forcément une signification. Je ne sais pas laquelle, mais généralement, silence vaut désaprobation. Il ne me semblait pas choquant mais peut-être était-il inconvenant ou déplacé, je ne sais. Peut-être le saurai-je un jour...

 

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12 février 2020

Y'a des coups de pieds au cul qui se perdent !

Wé !

Notons tout d'abord que la bonne tenue de ce blog se dégrade : deux grossièretés en deux titres, tssss !

Mais !... oui, y'a des coups de pieds au cul qui se perdent !

Commençons par le commencement : samedi soir à l'AG de l'assoc', Framboise me dit qu'hier elle était montée au Mont de l'Herba à ski de fond. Moi, ni une ni deux, me voilà parti à fantasmer : y'a un bout que je ne suis pas sorti, demain la neige sera encore belle pour mes raquettes, et il y a encore peu, avec 194 mètres de dénivelé je considérais le Mont de l'Herba comme une promenade pour retraité convalescent : je devrais y arriver !
Tombé du lit dimanche matin, hop le frichti, hop le sac, hop les raquettes dans le coffre et me voilà parti. Arriver, garer la voiture, mettre les chaussures, les raquettes, m'y retrouver bicôze y'a un sacré bout que je suis pas venu. Pas entraîné je fatigue mais quel plaisir : décidément je suis de la montagne !
Temps frais mais soleil, oui, y'a longtemps que j'ai pas marché mais je me sens vivre ! Sauf que mes pieds me font mal, les deux, mais je m'y attendais.
Traverser l'alpage, passer devant les fermes inoccupées en hiver, arriver au sommet dégarni de neige à cause du vent, se rhabiller pour la même raison et faire un tour d'horizon. Attention, hein : le sommet c'est un vague point haut dans l'alpage où le socle calcaire dépasse un peu plus qu'autour. Même qu'aujourd'hui le temps venteux est assez clair pour voir les Alpes à 100 km, wééé !
Je visite un peu l'endroit puis me cale à l'abri du vent entre les blocs pour déjeuner succinctement et boire un bon thé chaud. Vers midi j'entame mon retour, croisant quelques skieurs de fond sur la piste en direction des deux fermes devant lesquelles j'étais passé à la montée.
Le chemin passe entre la façade de la ferme et une cabane-abri qui lui fait face et où les alpagistes ont laissé une vieille tables et quelques chaises et bancs. Sous la première je trouve trois couples d'une cinquantaine d'années en train de s'installer. Je les hèle jovialement : "Hébin, elle est pas belle la vie ?". Ils me répondent sur le même ton, des banalités pour dire que pour être là, face au soleil en alpage à midi et à l'abri du vent, la vie vaut d'être vécue. Surtout qu'à pieds, sans skis ni raquettes ils ont montée la fondue, le caquelon, le réchaud, les vins, blancs et autres... et qu'ils m'invitent, l'un d'entre eux me disant même en commentaire que j'ai une tête à être invité ! Je décline poliment et continue mon chemin vers la seconde ferme située à quelques centaines de mètres.

Et c'est là, lectrice/teur, que ça se gâte !

De loin je vois quatre personnes et quatre paires de skis de randonnée nordique appuyés au cabanon. Approchant, je découvre qu'il s'agit de quatre accortes femmes d'une cinquantaine d'année et d'allure sportive, manifestement heureuses d'être là ensemble et je les aborde comme le premier groupe, "elle est pas belle, la vie, toussa-toussa ?". Elles me répondent gaiement qu'elles sont en train de s'installer pour déjeuner, ajoutant que si je veux me joindre à elles, c'est avec plaisir qu'elles me feront une place pour partager le repas. Et là, qu'est-ce qu'y répond le Condide qu'arrête pas de couiner qu'il est tout seul, qui prie tous les dieux de la création et fait des sacrifices et des libations pour qu'ils lui envoient une douce compagne ? Qu'est-ce qu'y répond le Condide ?

"C'est fort aimable à vous et je vous en remercie vivement, mais malheureusement il se trouve que je viens céans de terminer mon dîner et je ne saurais raisonnablement remettre le couvert." Puis après quelques mots, il les salue et reprends son chemin.
Quelques dizaines de mètres plus loin, j'entends un orage arriver, y'a Gemini qui m'en met une : "T'es con ou quoi ? Y'a quatre nanas supersympas qui t'invitent à leur table, et toi tu fais celui qu'est pas concerné ? Ils m'avaient prévenu là-haut que t'étais un boulet et que j'avais pas fini d'en voir avec toi, mais là c'est un vrai de vrai chef-d'oeuvre, bravo !". Penaud et réalisant ma bévue, je me dis que je pourrais prétexter de leur demander des renseignement sur le ski de randonnée nordique (les pratiquants ne courent pas les rues), et puis je me dis que la ficelle pourrait bien ressembler à un câble d'amarrage pour transatlantique et je continue.

Depuis je me dis que peut-être au même moment elles priaient tous les dieux de la création et plantaient des aiguilles dans des poupées barbues qu'elles auraient montées pour le cas où...

J'en connais que ça va fâcher !

Y' des coups de pied au cul qui se perdent, non ?

 

"Il n'y a personne qui soit née sous une mauvaise étoile,

il n'y a que des gens qui ne savent pas lire le ciel."

Dalaï Lama

 

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