A la demande unanime de julie...

Hors donc samedi soir je suis allé voir et écouter Hugues Aufray à Pontarlier. Mais d'abord et comme vous n'allez pas manquer de me poser la question, qui m'accompagnait ?

Je n'ai pas passé d'annonce. Voulant profiter du concert, je ne voulais pas me retrouver avec une brêle, une bavarde ou une filmeuse comme celle qui n'a guère cessé devant nous avec son smartphone, son image pourrie par les interférences de balayage et qui n'aura qu'un son pourri de smartphone. Et puis aussi parce que j'entends mal. Vraiment. Et plus particulièrement quand il y a du bruit, et que faire répéter systématiquement à quelqu'un qu'on rencontre pour la première fois, c'est pas glop. J'avais bien l'idée d'une autre personne, mais les distances et les hasards de la vie ne l'ont pas permis. Alors j'ai invité mon fils Antoine qui était à la fois géographiquement le plus proche, à l'initiative du cadeau et fan d'Hugues.

Et on a passé une belle soirée ! Il est bien difficile de décrire un concert, que dire quand il s'agit d'abord de son ? D'abord, respectueux du public il commence pile poil à l'heure. A l'heure, pas H+1 minute ! Et en le voyant arriver d'abord seul sur scène, j'ai pensé : "'tain, ce mec a quatre-vingt-dix ans ?!". D'accord, la démarche est un peu raide et il chante la plupart du temps semi-assis sur une chaise de bar, mais quand même !... Et puis c'est bon enfant, avec toute la salle pleine on étaient entre copains... Il nous a proposé un échantillon de ses chansons, depuis "Dés que le printemps revient" en passant par les premières jonquilles, l'absolument incontournable "Santiano" qui à force doit lui sortir par les oreilles, Dylan et ses propres protest songs, jusqu'à de plus récentes comme "L'hôtel du soleil levant"... Le son devait être bon puisque, même placé loin j'ai compris à peu près tout. Que vous dire de plus enfin, si ce n'est qu'il faut y aller. Et quand après deux heures ininterrompues sur scène il nous a quittés, j'ai pensé : "'tain, ce type a quatre-vingt-dix ans !".

De façon plus large et dans le cadre de ces étonnantes convergences qui m'arrivent en ce moment, c'est sans le chercher que j'avais trouvé dix jours plus tôt à la bibliothèque de Morteau ce livre qu'il avait écrit sur demande à 77 ans sur ses "secrets de santé", "La jeunesse n'a pas d'âge". J'y ai appris que ce bonhomme qui semble aujourd'hui indestructible était un enfant chétif, énurétique, gaucher, dyslexique dont la scolarité fut très ordinaire et qui a commencé à prendre confiance quand on l'a mis sur un cheval où il s'est tout-de-suite trouvé à sa place. On y apprend aussi qu'il est simplement attentif, plein de bon sens, qu'il s'est tenu à l'écart des remous du show-bizz et prend soin de tranquillement de sa personne. Je ne sais toujours pas ce qui, quand je l'ai découvert vers onze ans, m'a connecté à ce bonhomme. Mais aujourd'hui, je me sens fier de l'avoir alors adopté comme un lointain grand frère.

Mais ça, lecteuse/teur, tu t'en fous...