Un peu comme la voiture qui s'écrase contre le mur en béton d'un crash-test, prendre en pleine poire que parce qu'au bout de l' "absence" de ma mère, la seule solution trouvée pour obtenir son attention fut d'être victime.

Re-re-re découvrir que malgré tous mes efforts, être dans le groupe de tête de la classe était insuffisant et que seule la première place était honorables et méritait attention. Comprendre que pendant des années mes efforts, m'investir autant qu'un enfant peut le faire, comprendre que devant ce chantier trop gros pour moi j'ai baissé les bras. Définitivement. D'autant qu'en revanche mon "échec" m'attirait son attention. Comprendre que cette stratégie ancrée dans l'enfance s'était étendue à toute ma vie durant laquelle j'ai construit méthodiquement de l'échec. Et des somatisations en pagaille : vers 10 ans, je suis devenu myope. Que ne voulais-je pas voir ? Vers 20 ans sont apparues des tensions cervicales insupportables soignées comme sinusite. Puis des désordres intestinaux qui m'accompagneront toute ma vie. Puis mes oreilles ont commencé à faire défaut : que ne voulais-pas entendre, moi qui me nourris de musique et de sons comme je respire ? Et puis mes pieds douloureux jusqu'aux larmes qui refusent de me laisser avancer : quelle peur m'empêche d'avancer ?
Il y a dans tout ça une dimension spasmophilique qui, avec ma sœur, nous vient de notre père. Mais tout ces désordres n'étaient-ils pas préinscrits dans l'échec et la victimisation programmée ? Comment en sortir ?
Et puis cette découverte qui ne date que de quelques jours : les trois femmes qui ont eu une place importante dans ma vie sont toutes trois des personnes déterminées, voire autoritaires, qui sont venues vers moi avec leur autorité mais aussi avec des fragilités qu'elles avaient besoin de voir reconnues et rassurées. Et je suis entré dans ces trois relations en position basse !...

Alors après avoir repris ma liberté et déménagé en 2016 et tourné en rond un certain temps, j'ai voulu croire à ma chance et je suis venu ici, dans ce pays horloger où, financièrement parlant, je n'ai pas ma place. Quasiment rien de ce que j'ai tenté d'initier n'a marché, et je pensais que plus ça continuait, plus j'approchais du moment où la chance allait me sourire (qui à dit que je pense négatif ?). Il devient tellement évident que je n'ai pas les moyens de vivre ici que j'ai pris le parti de retourner vers l'Yonne au printemps : je connais et le coût de la vie m'y est accessible. Et tous ces constats, toutes ces pensées sont passées de "mijoter à feu doux" à "ébullition". Et tout ça me brasse depuis quelques jours avec un poids ou un creux derrière le plexus, des difficultés à respirer, des tensions cervicales et de vagues maux de tête, moi qui ne sais pas ce que c'est !

Et en même temps, l'impression de me déplier, celle d'une expansion qui me dépasse. Celle d'enfin bouger, de me laisser basculer au bord du plongeoir de dix mètres.

Et ça, n'est-ce pas incroyable ? ! Il semble que bien souvent on dise aux autres ce qu'on aurait besoin d'entendre. Depuis combien de temps joue-je avec cette image du plongeoir de dix mètres ? Près de dix ans ! Dix ans à offrir à d'autres cette image que je ne n'entendais pas (en même temps c'est normal : entendre une image, hein !). Quand on veut pas ! ! ! !.....

Mon vieux Platon, je crois que j'approche de la lumière !...

Comment ne pas remettre cette chanson ?

 

Et celle-là ?